C’est quoi les Backrooms? Le phénomène d’horreur du moment expliqué
Né d’une image virale, Backrooms est devenu l’un des plus gros phénomènes horrifiques du moment. Mais pourquoi ces couloirs jaunes terrifient-ils autant Internet… et désormais Hollywood?
Un homme court dans des couloirs jaunes sans fin. Les néons grésillent. Quelque chose le poursuit, mais on ne voit jamais vraiment quoi. C’est comme ça que s’ouvre Backrooms, le film du nouveau jeune génie de l’horreur hollywoodien, Kane Parsons.
Depuis plusieurs semaines, Backrooms envahit TikTok, Reddit et les réseaux sociaux américains. Et aujourd’hui, ce phénomène né sur Internet est devenu l’un des plus gros succès horrifiques de l’année au cinéma.
Le film du vidéaste de seulement 19 ans révélé sur YouTube a déjà rapporté 200 millions de dollars aux Etats-Unis pour un budget estimé à 10 millions. Un succès colossal pour un film inspiré… d’une simple photo devenue virale.
Mais au fond, c’est quoi exactement, les Backrooms? Explications si vous n’avez pas compris la hype ni de quoi on parlait.
Et si vous voulez connaître mon interprétation personnelle de Backrooms, je vous explique la fin du film et tout ce que j’ai compris du film de Kane Parsons.
Si vous aimez les critiques efficaces, sans mots compliqués juste pour se faire mousser, les analyses que vous pouvez réutiliser dans une conversation, et les films et séries qui font rire autant qu’ils font pleurer, rejoignez Rendez-vous au Cinéma et recevez les prochains articles directement dans votre boîte mail. Je m’appelle Déborah, je suis journaliste belge installée à Los Angeles et je vous raconte les coulisses d’Hollywood ici et sur les réseaux sociaux.
Backrooms: comment tout a commencé?
Il y a une dizaine d’années, la photo d’une pièce vide au papier peint jaune a été postée sur un forum Internet.
Eclairée au néon, c’est une pièce étrangement familière, le genre à apparaître dans nos cauchemars. C’est un endroit effrayant, sans qu’on sache exactement pourquoi.
Qu’est-ce qui nous fait peur? Sa grandeur, le fait qu’elle soit vide, sa lumière jaunâtre, l’impression qu’on ne pourra jamais en sortir? Aucune idée, mais le fait est là: cette photo provoque l’angoisse.
Très vite, des internautes commencent à imaginer l’histoire cachée derrière cette image. Ils inventent alors les “Backrooms”, des labyrinthes infinis composés de bureaux désertés, de couloirs sans fin et de pièces impersonnelles où l’on pourrait se retrouver piégé pour toujours.
Le concept devient l’une des creepypasta les plus célèbres d’Internet.
Creepypasta, c’est quoi ça?
Pour ceux qui débarquent - et je ne vais pas me la raconter parce que je n’y connaissais rien avant la sortie du film - une creepypasta, c’est une histoire courte horrifique qui circule sur internet, souvent racontée à la première personne, écrite pour faire peur et partagée comme une légende urbaine digitale.
Le mot vient de “copypasta” (qui lui-même est la contraction de copy - past, comprenez donc qu’il s’agit d’un texte copié-collé partout en ligne) + “creepy” (effrayant).
Pourquoi les Backrooms nous angoissent?
Le phénomène repose sur l’existence d’espaces liminaux.
Ce sont des lieux familiers de transition vides: un aéroport, une salle d’attente, un centre commercial, un quai de gare, un couloir d’hôtel…
Des endroits que l’on traverse avec une trouille un peu sourde au fond du ventre lorsqu’ils sont vides.
On a une impression d’immensité. Et l’impression, aussi, que quelqu’un nous observe.
Ces espaces existent mais les backrooms n’existent pas, si vous vous posiez la question.
Kane Parsons, le YouTubeur de 19 ans qui bouscule Hollywood
En 2002, Kane Parsons se met à poster des courts-métrages inspirés de cette photo. Il y a met des gens qui évoluent dans ces labyrinthes terrifiants. Sa websérie oppressante fait un carton: chaque vidéo compte plusieurs millions de vues.
Son génie est simple: transformer des lieux ordinaires en cauchemars absolus.
Un couloir vide nous met la boule au ventre. Une salle éclairée au néon donne l’impression qu’un danger peut surgir à tout moment.
Hollywood a rapidement compris le potentiel du projet. Plutôt que de transformer complètement son univers, le studio a conservé ce qui faisait sa force: cette sensation d’être coincé dans un rêve anxiogène dont on ne peut pas sortir.
Et voilà donc aujourd’hui Kane Parsons à Hollywood, en train de redéfinir le genre du film d’horreur.
La bande-annonce de Backrooms
De quoi parle le film Backrooms?
Le film reprend le concept exploité par Kane Parsons sur YouTube. La séquence d’ouverture nous montre un homme paniqué errant dans les couloirs jaunâtres d’un endroit indéfini, sans fenêtres. L’homme est essoufflé, poursuivi par une entité invisible dont on sent la présence partout.
On dézoome après la séquence d’ouverture et on découvre les protagonistes.
On rencontre Clark, vendeur de meubles alcoolique et en colère, joué par Chiwetel Ejiofor (12 years a slave). Il consulte Mary, psychothérapeute. Elle est interprétée par Renate Reinsve (Valeur Sentimentale). On comprend qu’il en a gros sur la patate.
Il faut dire qu’il a une vie misérable. Il est le héros d’une publicité risible, où il apparaît déguisé en pirate, qui ne lui ramène aucun client, il dort dans l’un de ses lits d’exposition et il est terriblement seul.
Une nuit, il découvre l’existence d’un passage dans un mur de sa boutique, lui permettant de passer dans une dimension parallèle.
On le suit dans son exploration de cet univers infini, monotone, plein de portes, d’escaliers et de passages étroits, qui ne semblent mener nulle part.
Mon avis sur Backrooms
Backrooms fonctionne surtout grâce à son atmosphère.
Le film ne cherche jamais à tout expliquer. Il préfère installer une sensation de malaise permanent.
La caméra est nerveuse. Elle offre souvent le point de vue de Clark, comme si le film était tourné caméra à l’épaule.
Si ça n’a rien de nouveau - j’ai pensé à Blair Witch Projet tout le long du film -, ça permet d’être complètement avec lui.
On n’a pas d’angle de vue plus large nous permettant d’anticiper ce qui va lui tomber dessus. On est coincé avec lui. Ca fait monter la tension.
Ca perd un peu en puissance quand Mary pénètre à son tour dans les Backrooms mais le jeu de Renate Reinsve est convaincant et nous pousse à fermer les yeux sur la répétition.
Backrooms maintient la tension tout le long et offre une fin satisfaisante. Le film laisse une empreinte physique, longtemps après sa vision.
Ce n’est pas un “simple” film d’horreur. C’est un film qui parle de solitude, d’angoisse et de la peur de se perdre soi-même.
Je vous livre mon interprétation complète, détaillée, et avec spoilers ici.
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